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Monde

Le tremblement de terre ne divise pas les gens. La politique le fait même au sujet de l'aide humanitaire !

Le Dialogue

Les catastrophes naturelles comme les épidémies d’ailleurs donnent à l’humanité la leçon suivante : la paix entre l'homme et l'homme est la mère de l’harmonie entre l'homme et la nature.

 

Le tremblement de terre n'a pas fait de différence entre Syriens et Turcs ni entre un Arabe et un Kurde, ni entre un homme, une femme ou un enfant. Tous étaient ses victimes à (‘Intab), en Syrie comme en Turquie. Leurs maisons - comme leurs biens - ont été complètement détruites. Certains d'entre eux sont morts sous les décombres, d’autres ont été blessés, ensevelis, sauvés et retournés, comme ressuscités, à la vie. Alors, ils se rendent compte de leur vulnérabilité extrême en voyant que les catastrophes de la nature (comme celles des épidémies) ne font pas de distinction entre les victimes : entre leurs nationalités, leurs religions, leurs sectes, leurs langues ou leurs idéologie politique. 

Le tremblement de terre est aveugle/ il ne voit pas de frontières séparant deux États, ni les lignes de contact entre les forces en conflit dans le nord-ouest de la Syrie.

L'humanité n'a pas appris à s'unir et à coopérer coude à coude, main dans la main, face aux catastrophes naturelles. Le plus triste est que les gouvernements des pays du monde fournissent des aides à ceux qu'ils préfèrent, laissant les autres mourir de faim et de froid. C'est normal tant que les gouvernements des pays riches (surtout les pays de l'OTAN) s'intéressent à d'autres sujets que le tremblement de terre. Ils sont préoccupés par leur guerre contre la Russie en Ukraine. Le reste du monde veille aussi à protéger ses intérêts au Moyen-Orient qu’à se protéger. Sa dernière préoccupation est d'apporter une aide, même symbolique, aux victimes du tremblement de terre. La politique a, en effet, divisé des gens que le séisme terrible a frappé tous sans distinction.   Les politiciens ont trouvé des dizaines d'excuses pour refuser l'aide aux syriens, devenus malheureusement une double victime d’une double lutte : la guerre et l’affrontement de la nature.

 

Le séisme n’est pas seulement un phénomène naturel

Nous ne considérons pas un tremblement de terre comme un simple phénomène catastrophique. Nous l'examinons plutôt dans le contexte historique de la relation : Humanité-Nature. Cette relation qui s'est poursuivie à travers l'histoire est de nature conflictuelle et d’apparence agressive. La Nature a ses lois qui incarnent sa manière de se manifester. Elle semble patiente et tolérante. Or elle se fâche brusquement. Quand elle se met en colère, les humains deviennent impuissants.

Je vois maintenant devant moi à la télévision l'accueil chaleureux du dirigeant ukrainien, Volodymyr Zelensky, au Parlement britannique. Cela reflète une forme de conflit entre l'homme et l'homme. Sur l'écran suivant, je vois un enfant sortant la tête des décombres d'un bâtiment détruit. Je vois une main tendue pour demander de l'aide, une nouveau-née nue avec le placenta encore taché de sang coagulé sur sa ventre. Je vois aussi des gens courir et crier, demander de l'aide… une camionnette pour ramasser les corps, qui venaient d’être retirés des décombres.

Dans un coin de la scène, des femmes pleurant à côté des cadavres alignés au sol, enveloppées dans les vêtements ou les couvertures disponibles. Soudain, une camionnette arrive chargée de quelques dons communautaires de nourriture, de couvertures, de vêtements d'hiver et de bouteilles d'eau potable. Des dizaines de personnes se sont soudainement précipitées vers elle, laissant tout derrière, pour lui demander du pain ou une bouteille d'eau.

Dans son discours au Parlement britannique, le président ukrainien Zelensky a demandé de construire ce qu'il a appelé une "coalition de la liberté", ou une alliance de chars, de missiles et d'avions de combat, afin de vaincre la Russie ; afin de parvenir à un changement tant attendu dans l'histoire du monde, dit-il.

 

L'Homme ne conquerra jamais la Nature

Oui, l'humanité a appris à se combattre. Les hommes ont appris comment s’entre-tuer. Parallèlement, l'humanité a appris à combattre la Nature en l’agressant. Malgré les catastrophes naturelles (des incendies de Californie aux inondations au Pakistan, en passant par les famines dans la Corne de l'Afrique et le réchauffement climatique qui menace le monde entier), l'humanité n'a pas encore appris à entretenir des liens d’harmonie avec la Nature : à vivre avec elle en paix. L'humanité doit apprendre la leçon du récent tremblement de terre en Syrie et en Turquie : elle ne peut pas combattre la Nature et en être victorieuse. Apprendre que la bonne façon de coexister avec la Nature et d'éviter sa colère est de « coopérer » avec elle. L'humanité a bien appris la leçon de la guerre : il y a ceux qui gagnent. Alors le prix du vainqueur est de tyranniser les vaincus. L'humanité n'a pas encore compris qu'elle ne vaincra pas la Nature, et que c'est l’Être humain qui en paie le prix. L'humanité n'a pas encore saisi les leçons tirées par Herman Kahn & Anthony Wiener dans leur livre commun Le Monde en 2000 paru en 1967, dans lequel ils disent que l'humanité est passée du conflit entre l'Homme et la Nature au conflit entre homme et homme. Mais elle doit apprendre à passer au « stade de la coopération entre l'Homme et la Nature » pour reproduire la vie en paix. Malgré cela, l'humanité continue de cultiver la culture conflictuelle non seulement  entre l'homme et l'homme, mais aussi entre l'Homme et la Nature, et n'a pas encore appris à franchir le pas vers la paix entre les peuples, afin de pouvoir s’harmoniser  avec la Nature. Or, l’Humanité ne pourra pas établir la paix avec la Nature avant d'établir la paix avec elle-même.

 

Un système international de gestion des catastrophes

Le réalignement de la civilisation humaine exige la paix, non la guerre. Elle a besoin d'une paix qui donne à l'humanité un espace de réflexion pour raviver l'espoir d'un avenir meilleur. Elle a aujourd'hui besoin d'un système international qui garantisse l'accomplissement de trois tâches urgentes pour garantir la transition d’une civilisation antiécologique à l'étape d’une amitié avec la Nature :

1 - Mettre en place de mécanismes d'alerte précoce en cas de catastrophes naturelles et environnementales.

2 - Établir des mécanismes de coopération conjointe et de coordination logistique, financière, sanitaire et alimentaire, afin d'éliminer les effets de ces catastrophes, si elles se produisent. 

3 - Assurer des mécanismes mondiaux sur la base du droit international pour la prévention et la réduction des catastrophes, et la mise en place d'arrangements pour un système à long terme mettant fin à toutes les politiques antiécologique, établissant « la paix » durable entre l'Homme et Nature.

Comme l'ONU a mis en place un système de maintien de la paix pour faire face aux conflit entre l'homme et l'homme, elle doit également établir un système qui maintient la paix entre l'homme et l'environnement naturel.

Il s'agit d'une tâche lourde et patiente. Les Nations Unies doivent la prendre au sérieux de toute urgence. À cette occasion, je m'adresse au Secrétaire général des Nations Unies, M. Antonio Guterres, en lui suggérant cette idée : l'humanité doit faire face aux nouveaux écologiques défis. Ce qui invite  l'ONU à redéfinir son rôle afin de résoudre les  graves problèmes de notre planète.