Cinq questions qui détermineront l'avenir du Moyen-Orient : la guerre irano-américaine peut-elle reprendre ?
À la fin du mois de juin 2026, quatre mois après le déclenchement du conflit opposant, depuis février dernier, l'Iran aux États-Unis et à Israël, la région demeure suspendue entre une trêve fragile et un processus de négociation laborieux. Au cœur de cette incertitude, cinq interrogations s'imposent : une paix durable entre Téhéran et Washington est-elle envisageable ? Quelle sera l'attitude d'Israël, qui n'a signé aucun accord ? Le « gel » précaire actuellement en vigueur peut-il se maintenir ? Le Moyen-Orient se dirige-t-il de nouveau vers une guerre généralisée ? Jusqu'où l'Iran est-il prêt à faire des concessions, et jusqu'où Donald Trump est-il disposé à aller ?
Cette analyse tente d'apporter une réponse à ces questions en s'appuyant sur les faits ayant jalonné les négociations ainsi que sur leurs dimensions économiques et militaires.
Où en est la crise ?
La guerre a éclaté le 28 février 2026, à la suite d'une vaste offensive américano-israélienne visant les hauts responsables militaires iraniens et les installations nucléaires du pays. L'opération s'est également soldée par l'assassinat du Guide suprême, Ali Khamenei, auquel a succédé son fils, Mojtaba Khamenei.
Après plusieurs phases d'escalade et de cessez-le-feu temporaires, le président américain Donald Trump et son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, ont signé le 17 juin un mémorandum d'entente en quatorze points, baptisé « mémorandum d'Islamabad ». Ce texte établit un cadre de désescalade et ouvre la voie à des négociations ultérieures. Donald Trump l'a signé lors d'un dîner avec le président français, à l'issue du sommet du G7, avant que Massoud Pezeshkian ne le paraphe à son tour à Téhéran.
Il ne s'agit toutefois pas d'un accord définitif, mais d'un document de principe ouvrant une période de soixante jours de négociations consacrées aux principaux dossiers en suspens : le programme nucléaire iranien, les niveaux d'enrichissement de l'uranium, le devenir des stocks d'uranium enrichi, la réouverture du détroit d'Ormuz, un allégement partiel des sanctions ainsi que le déblocage éventuel d'avoirs gelés pouvant atteindre 25 milliards de dollars, sous réserve du respect par l'Iran de ses engagements.
La signature a été suivie d'une réunion élargie au bord du lac des Quatre-Cantons, en Suisse, avec la participation du Pakistan et du Qatar. Les participants y ont arrêté une feuille de route en vue d'un accord final dans un délai de soixante jours, ainsi que la création d'une commission supérieure et de groupes de travail spécialisés sur le nucléaire, les sanctions et les mécanismes de règlement des différends.
Mais la trêve s'est rapidement heurtée aux réalités du terrain. Depuis la signature du mémorandum, les deux camps ont échangé plusieurs frappes limitées autour du détroit d'Ormuz. La mise en service de la « ligne directe » militaire entre Washington et Téhéran, pourtant prévue par le texte, est restée lettre morte. L'Iran continue d'exiger une coordination préalable pour le passage des navires, tandis que les États-Unis réaffirment leur attachement au principe de liberté totale de navigation.
Après un week-end marqué par des attaques réciproques – une attaque contre un navire dans le détroit, suivie de tirs iraniens visant des positions au Bahreïn et au Koweït –, les deux parties ont annoncé une « suspension des activités militaires » et sont convenues de tenir de nouvelles discussions à Doha.
Dans le même temps, le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères a précisé que la délégation envoyée à Doha avait uniquement pour mission de suivre l'application de certaines dispositions du mémorandum (les articles 1, 4, 5, 10 et 11), soulignant que les négociations sur un accord définitif ne pourraient débuter qu'une fois leur mise en œuvre effectivement constatée. Il a par ailleurs démenti tout lien entre cette visite et celle des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.
Ce décalage entre les discours de la Maison Blanche, qui évoque des « réunions de haut niveau », et celui de Téhéran, qui insiste sur la distinction entre la mise en œuvre du mémorandum et les futures négociations, résume l'impasse actuelle : un accord-cadre a bien été signé, mais aucun mécanisme d'application pleinement consensuel n'a encore été établi, sur fond de profonde défiance réciproque.
C'est précisément de cette impasse que découlent les cinq questions suivantes.
Première question : une paix durable entre l'Iran et les États-Unis est-elle possible ?
La réponse immédiate est négative à court terme. À moyen terme, en revanche, cette perspective ne peut être exclue si la trêve actuelle résiste aux tensions et évolue progressivement vers des arrangements durables.
Plusieurs signaux positifs méritent d'être relevés. L'Iran a accepté le retour des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique, une décision que le vice-président américain J. D. Vance a qualifiée de « première étape vers la disparition définitive de tout programme nucléaire militaire iranien ». Des groupes de travail spécialisés ont également été mis en place pour traiter des questions nucléaires, des sanctions et des mécanismes de règlement des différends.
Washington a, de son côté, annoncé la suspension des sanctions visant les exportations pétrolières iraniennes pour une durée de soixante jours, dans le but de restaurer un minimum de confiance.
Le dossier nucléaire demeure néanmoins le principal point de blocage. Les émissaires américains réclament le démantèlement des trois principaux sites nucléaires de Fordow, Natanz et Ispahan, ainsi que la remise de l'ensemble des stocks d'uranium enrichi aux États-Unis. Téhéran, en revanche, réaffirme, par la voix même de Massoud Pezeshkian, qu'il ne renoncera pas à son droit à l'enrichissement de l'uranium, tout en se déclarant prêt à transférer une partie de ses stocks à un État tiers.
L'ancien conseiller du Guide suprême, Ali Shamkhani, a pour sa part qualifié d'« illusion » l'idée d'un contrôle américain intégral du programme nucléaire iranien.
Le mémorandum d'entente prévoit seulement que l'Iran s'engage à ne pas développer d'arme nucléaire et à maintenir temporairement le statu quo, tandis que la question du devenir définitif de son programme est renvoyée à une phase ultérieure, après vérification du respect des autres engagements.
Autrement dit, la perspective d'une paix durable demeure suspendue à une question qui reste irrésolue depuis plus de quinze ans : la nature même du programme nucléaire iranien. À cette difficulté s'ajoutent les contraintes politiques internes des deux côtés : aux États-Unis, la pression de l'aile la plus conservatrice du Parti républicain, qui compare déjà le mémorandum actuel à l'accord nucléaire conclu sous Barack Obama ; en Iran, la crainte qu'une concession sur le nucléaire ne soit interprétée comme une capitulation.
Deuxième question : quelle est la position d'Israël ?
C'est sans doute l'un des principaux points de fragilité de l'ensemble du processus.
Israël n'est pas signataire du mémorandum conclu entre Washington et Téhéran. Il n'a participé ni à sa négociation ni à sa rédaction. Benyamin Nétanyahou et plusieurs hauts responsables israéliens ont affirmé publiquement que leur pays ne se considérait nullement lié par ce texte.
Alors que les débats se poursuivent sur la poursuite des opérations israéliennes au Liban contre le Hezbollah, M. Nétanyahou a déclaré que « la bataille n'est pas terminée » et que l'armée israélienne resterait dans les « zones de sécurité » du sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire ». Il a ajouté que l'Iran ne disposerait jamais de l'arme nucléaire, « qu'un accord existe ou non », affirmant que cet engagement resterait inchangé tant qu'il serait au pouvoir.
Le ministre israélien de la défense ainsi que les ministres les plus radicaux du gouvernement ont également rejeté toute intégration du dossier libanais dans le mémorandum américano-iranien, y voyant une concession injustifiée accordée par Washington à Téhéran.
Selon une évaluation des services de renseignement américains, Benyamin Nétanyahou pourrait poursuivre ses frappes contre le Hezbollah au Liban, même si celles-ci devaient compromettre l'ensemble du mémorandum, au regard de sa propre appréciation de la menace et de sa volonté d'achever l'affaiblissement du mouvement.
Dans une déclaration particulièrement remarquée, le Premier ministre israélien a enfin estimé qu'Israël avait créé les conditions susceptibles de conduire à l'effondrement du régime iranien.
Troisième question : le « gel » actuel peut-il durer ?
À court terme, le scénario le plus probable est celui d'une trêve instable, davantage qu'un véritable gel durable du conflit.
Depuis la signature du mémorandum, le schéma s'est répété à plusieurs reprises : une escalade limitée autour du détroit d'Ormuz ou sur le front libanais, suivie d'une intervention diplomatique urgente par l'intermédiaire de médiateurs, avant un retour à la table des négociations techniques, sans qu'aucun des dossiers de fond ne soit véritablement tranché.
Cette séquence s'est reproduite à plusieurs reprises en l'espace de deux semaines seulement : suspension des pourparlers après des frappes israéliennes au Liban, reprise des discussions, nouvelle montée des tensions autour d'Ormuz, puis convocation d'une réunion d'urgence à Doha.
Si ce « gel précaire » paraît plus probable qu'un effondrement immédiat, c'est avant tout parce que les deux parties redoutent davantage le coût d'un retour à une guerre ouverte que celui du maintien d'une situation ambiguë. L'administration américaine craint les répercussions d'un conflit régional sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale. De son côté, Téhéran sait qu'il pourrait ne pas survivre à une seconde campagne militaire, après les lourdes pertes subies lors de la première.
Quatrième question : la région se dirige-t-elle vers une guerre généralisée ?
Cette hypothèse ne peut être écartée, mais elle ne constitue pas, à ce stade, le scénario le plus probable.
Plusieurs facteurs demeurent susceptibles de provoquer une nouvelle explosion régionale.
Le premier est le détroit d'Ormuz, par lequel transite près d'un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. Malgré les engagements annoncés et la mise en place théorique d'une ligne directe militaire, le secteur continue d'être le théâtre d'incidents récurrents.
Le deuxième est le front libanais. La détermination d'Israël à poursuivre ses opérations contre le Hezbollah se heurte à la volonté de Téhéran de maintenir le Liban au cœur de toute future architecture régionale. Cette confrontation constitue aujourd'hui le foyer le plus susceptible de déclencher une escalade de grande ampleur.
Enfin, le dossier nucléaire reste le facteur de risque le plus sensible. Avant le déclenchement de la guerre, l'Agence internationale de l'énergie atomique avait averti que l'Iran disposait d'un stock record d'environ 440 kilogrammes d'uranium enrichi à 60 %, un niveau proche des seuils militaires. Toute indication laissant penser à une véritable percée vers l'arme nucléaire pourrait rallumer le conflit.
À l'inverse, deux éléments militent en faveur d'un évitement de la guerre totale.
Le premier est le coût économique considérable qu'entraînerait une nouvelle flambée des tensions sur un marché pétrolier déjà fragilisé.
Le second tient à l'épuisement militaire des deux protagonistes, et plus particulièrement de l'Iran, qui, en douze jours de combats, a perdu l'essentiel de ses systèmes de défense antiaérienne, une grande partie de ses missiles, de ses plateformes de lancement, de son haut commandement militaire, de ses principales installations nucléaires ainsi que plusieurs de ses scientifiques les plus éminents.
Cinquième question : jusqu'où l'Iran peut-il céder, et jusqu'où Donald Trump est-il prêt à aller ?
Le champ des concessions que Téhéran paraît aujourd'hui disposé à consentir comprend le retour des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique, la mise en place d'un mécanisme de coordination de la navigation dans le détroit d'Ormuz, le transfert partiel d'une partie de ses stocks d'uranium enrichi vers un État tiers, ainsi que la poursuite de l'apaisement au Liban, dans les limites imposées par ses relations avec le Hezbollah.
En revanche, plusieurs lignes rouges demeurent infranchissables : l'abandon du droit à l'enrichissement de l'uranium, considéré comme un attribut de la souveraineté nationale ; le démantèlement complet des trois principaux sites nucléaires ; et toute formule qui pourrait être perçue, à l'intérieur du pays, comme une capitulation face à Washington. Une telle évolution menacerait directement la légitimité du régime auprès de sa base politique, des courants conservateurs et des Gardiens de la révolution.
Du côté américain, les motivations de Donald Trump sont claires : obtenir un succès diplomatique susceptible d'être valorisé sur le plan intérieur et éviter le coût d'une guerre régionale qui déstabiliserait l'économie américaine et mondiale à l'approche d'échéances électorales importantes prévues en novembre. Il a lui-même déclaré ne pas vouloir porter la responsabilité d'une « catastrophe économique » ni connaître le sort historique d'Herbert Hoover.
Le président américain reste toutefois soumis aux pressions de l'aile la plus dure du Parti républicain, qui assimile toute concession sur le nucléaire à une réédition de l'accord conclu sous Barack Obama, ainsi qu'à celles du gouvernement israélien, farouchement opposé à tout compromis laissant subsister, même partiellement, le programme nucléaire iranien.
En définitive, un terrain d'entente paraît envisageable sur les questions économiques, maritimes ou sur certains dossiers régionaux, notamment le Liban. En revanche, les positions demeurent presque irréconciliables sur le cœur du dossier nucléaire, ce qui rend hautement improbable la conclusion d'un accord global dans les soixante jours à venir. Le résultat le plus vraisemblable serait plutôt une nouvelle prolongation des discussions qu'un règlement historique du conflit.
L'économie, véritable moteur de la crise
Au-delà de ces cinq interrogations, une question plus fondamentale permet de comprendre pourquoi, malgré les épisodes répétés d'escalade, les deux camps reviennent systématiquement à la table des négociations plutôt que de chercher une issue militaire : l'économie.
Plus encore que les rapports de force militaires, elle apparaît aujourd'hui comme le principal moteur des tentatives de compromis.
En Iran, la situation intérieure est devenue particulièrement critique. Selon les données officielles largement relayées, l'inflation annuelle atteignait près de 77 % en mai, après avoir déjà dépassé 65 % plus tôt dans l'année. Certains produits ont vu leur prix doubler en une semaine, tandis que le rial poursuivait son effondrement face au dollar, provoquant une chute spectaculaire du pouvoir d'achat.
Dans ce contexte, le président Massoud Pezeshkian a annoncé le déblocage de 6 milliards de dollars sur les 12 milliards d'avoirs iraniens gelés au Qatar, qualifiant cette mesure de « grande victoire pour le peuple iranien », bien que ni Washington ni Doha n'aient confirmé, à ce jour, qu'un transfert effectif de ces fonds avait eu lieu.
Au total, l'Iran disposerait d'environ 37 milliards de dollars d'avoirs gelés à travers le monde, auxquels s'ajouteraient entre 20 et 50 milliards de dollars immobilisés en Chine.
Les économistes soulignent toutefois que ces liquidités, si elles peuvent atténuer temporairement les tensions sur les importations et la trésorerie de l'État, ne suffiront pas à résoudre les déséquilibres structurels de l'économie iranienne sans profondes réformes budgétaires et monétaires. Une partie de ces fonds pourrait même alimenter une nouvelle poussée inflationniste.
À l'échelle mondiale, le marché pétrolier présente un paradoxe frappant. Malgré la poursuite des affrontements autour du détroit d'Ormuz, le Brent est resté autour de 72 dollars le baril, soit un niveau inférieur à celui observé avant le déclenchement de la guerre. Les marchés anticipent en effet une reprise progressive de la navigation si la désescalade se confirme, ce qui augmenterait l'offre mondiale et exercerait une pression à la baisse sur les prix, notamment pour les consommateurs américains.
Cette réalité économique explique largement pourquoi Washington s'efforce de maintenir ouverte la voie des négociations, malgré les revers successifs sur le terrain : la stabilité économique mondiale est désormais directement liée à celle du détroit d'Ormuz.
Les scénarios les plus probables pour les mois à venir
À la lumière des cinq questions précédentes, trois trajectoires apparaissent possibles pour l'évolution de la crise.
Premier scénario : une trêve prolongée, le plus probable
Le scénario le plus crédible demeure celui d'une poursuite de la trêve intermittente, accompagnée de prolongations successives du délai de soixante jours prévu par le mémorandum.
Les avancées se concentreraient progressivement sur les dossiers les moins sensibles : réouverture quasi complète du détroit d'Ormuz, déblocage progressif d'une partie des avoirs iraniens gelés et retour partiel des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
En revanche, la question centrale du programme nucléaire resterait gelée, sans règlement définitif avant plusieurs mois, voire plusieurs années.
Ce scénario correspond à la logique qui prévaut depuis le début des négociations : distinguer délibérément la mise en œuvre du mémorandum des discussions sur un accord final.
Deuxième scénario : un enlisement des négociations et le retour d'une guerre d'usure
Le deuxième scénario envisage un effondrement partiel du processus diplomatique, accompagné d'une reprise des affrontements à basse intensité.
Les épisodes d'escalade autour du détroit d'Ormuz et du Liban se multiplieraient, tandis que les frappes israéliennes pourraient s'étendre au Liban ou à la Syrie, entraînant une riposte limitée de Téhéran, sans pour autant déboucher sur une guerre régionale ouverte.
Le processus de négociation entrerait alors dans une longue phase de paralysie.
Cette hypothèse apparaît en cohérence avec la dynamique observée au cours des dernières semaines, marquées par une alternance constante entre tensions militaires et tentatives de reprise du dialogue.
Troisième scénario : une conflagration régionale
Moins probable, mais loin d'être impossible, ce scénario verrait la crise dégénérer en un conflit régional généralisé.
Il pourrait être déclenché si l'Iran entreprenait une démarche interprétée comme une véritable percée vers l'arme nucléaire, ou si Israël décidait unilatéralement de lancer une vaste frappe préventive contre ce qui subsiste des infrastructures nucléaires iraniennes.
Les déclarations répétées de Benyamin Nétanyahou, affirmant que son engagement à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire demeure absolu, indépendamment de tout accord, entretiennent cette possibilité.
Dans une telle configuration, la fermeture complète du détroit d'Ormuz ainsi que l'embrasement simultané des fronts libanais, yéménite et irakien deviendraient quasiment inévitables.
Conclusion
À la fin du mois de juin 2026, la crise entre l'Iran et les États-Unis ne semble s'orienter ni vers un règlement définitif à brève échéance, ni vers une explosion régionale inévitable.
La logique qui domine aujourd'hui est celle de la gestion de la crise, bien davantage que celle de sa résolution.
Chacun des principaux acteurs dispose de solides raisons d'éviter un effondrement total : l'Iran est confronté à une économie profondément fragilisée ; Donald Trump doit composer avec des impératifs économiques et électoraux ; Israël entend préserver sa liberté d'action stratégique.
Mais aucun des trois protagonistes – Washington, Téhéran et Tel-Aviv – ne paraît disposer, à ce stade, ni de la volonté politique ni de la marge de manœuvre suffisante pour consentir au compromis majeur qui permettrait de clore définitivement un dossier ouvert depuis plus de deux décennies.
Dans cet équilibre aussi précaire qu'instable, le scénario le plus vraisemblable reste celui d'une paix sans cesse différée, davantage qu'une paix durable ou qu'une guerre généralisée.