Sur les chemins du Salut, le pauvre d’amour frappe à la porte
Ô Dieu, accorde-moi Ton secours… Ô Messager de Dieu, accueille mon appel.
Au commencement de Rabi al-Awwal, de chaque année, le jeune homme s’assied auprès de son maître et lui récite son histoire : un collier de violettes qu’il a tressé de branches de citron et d’abricot, et une âme nourrie de la figue, de l’olivier et du mont Sinaï.
L’amoureux s’incline pour offrir à son Bien-Aimé une rose cueillie dans son propre esprit, puis se retire, seul avec lui-même…
C’est la légende d’un silence enveloppé de cette belle passion, une icône façonnée par les moulins de l’amour.
Et ce jeune homme, c’est moi.
Voici mon histoire, que je vous livre collier après collier, grain après grain. Ce qu’elle contient de violettes vient des nuits de la séparation ; ce qui y est citron et abricot vient des jours de l’espérance.
Celui que les moulins de l’amour ont broyé une fois sait que le grain, devenu farine, ne redevient jamais blé. Et que le cœur, lorsqu’il serait broyé, ne se plaint pas : il devient pain et se dépose sur la table du Bien-Aimé.

Je suis un pauvre d’amour qui frappe à la porte.
Ô Dieu, accorde-moi Ton secours… Ô Messager de Dieu, accueille mon appel.
C’est un cri suspendu dans le ciel de l’âme, solitaire comme l’orphelin. Il monte du cœur sans jamais retomber sur la terre ; il demeure dans le ciel du désir comme une lampe votive que nul vent ne saurait éteindre.
Les gens du savoir de Dieu le prononcent lorsqu’ils aperçoiven le Salut de loin, au moment même où ils ne possèdent plus ni force ni pouvoir. Les hommes se liguent contre eux et conspirent dans l’ombre ; et voici que le Puissant, le Glorieux vient réparer leur brisure :
« Ne t’attriste pas à leur sujet et ne sois pas à l’étroit à cause de leurs complots. Certes, Dieu est avec ceux qui Le craignent et ceux qui font le bien. »
Telle est la promesse véritable de Dieu à ses croyants et ceux qui le craignent : la promesse de la manifestation suprême, de la victoire qui survient au moment précis où toutes les portes semblent se refermer.
Alors le solitaire devient, par la grâce de Dieu, une multitude, tandis que la multitude devient impuissante.
Le Salut n’est pas, comme certains esprits pressés pourraient le croire, un appel adressé à autre que Dieu. Il est la reconnaissance humble que toute effusion procède d’une même Source, et que les causes ne sont que de légers voiles que le Très-Généreux a déposés devant l’éclat de Sa lumière, afin que les yeux humains puissent encore la contempler.
Lorsque tes lèvres disent :
« Ô Dieu, accorde-moi Ton secours »,
c’est vers la Maison que se tourne ton cœur.
Et lorsque tu murmures :
« Ô Messager de Dieu, accueille mon appel »,
tu frappes à la porte des intimes.
Le pauvre d’amour ne demeure pas sur le seuil à discuter de la forme ou de l’architecture de la porte. Il frappe doucement.
Car celui qui aime véritablement ne cherche pas à comprendre la porte : il cherche seulement à ce qu’elle s’ouvre.
Avant même d’être un secours dans l’épreuve, le secours fut l’amour, première pluie tombée sur le monde.
Les gens de la Voie racontent que toute existence est une effusion d’amour, que l’univers entier est une lettre d’amour adressée à celui qui sait la lire.
C’est à cette source que but Râbi‘a al-‘Adawiyya, jusqu’à en éprouver la brûlure :
« Je T’aime de deux amours : l’amour de la passion
et l’amour parce que Tu es digne d’être aimé.
Quant à celui qui relève de la passion,
il est que je me détourne, par Ton souvenir, de tout autre que Toi.
Et quant à celui dont Tu es digne,
c’est que Tu lèves les voiles afin que je Te voie. »
De cette même source jaillit la voix d’Ibn al-Farid :
« Nous avons bu, au souvenir du Bien-Aimé, une liqueur
dont nous étions ivres avant même que la vigne fût créée. »
Les gens de la connaissance disent que la Lumière muhammadienne fut la première des manifestations. Celui qui cherche l’origine doit en franchir la porte.
L’amour est un et indivisible, mais il possède sur cette terre un visage que nous connaissons et que nous aimons contempler : le visage du Bien-Aimé, Muhammad ﷺ.
La première Burda
Étais-je celui que la ville aimait, ou était-ce quelqu’un d’autre ?
Je marche seul dans ses rues, la nuit. Je me souviens du soleil d’Abib, de la cour de la vieille maison, du fleuve, du canal Ibrahimiyya, de mes compagnons. Et j’attends le dernier adieu.
Je ne suis peut-être pas celui qui était là cette dernière nuit.
C’était peut-être quelqu’un d’autre.
Le cheikh apparaît dans la cour, sa barbe blanche trempée de larmes. Grand-mère vient de mourir.
C’était la nuit de la naissance du Prophète ﷺ, le douzième jour de Rabi al-Awwal.
Lorsqu’elle me voyait arriver, elle me faisait asseoir sur ses genoux. Elle pétrissait pour moi, avec de la farine de blé et du miel, une douceur capable d’apaiser ma faim d’enfant. Puis elle me parlait de mon grand-père et de son cheval, celui qui chevauchait dans la nuit.
Cinquante-cinq ans, ou davantage, ont passé.
J’avais six ans. Mon père en avait quarante.
Après le départ de la foule, nous sommes restés tous les trois à nous regarder. Puis je me suis jeté dans les bras de ma mère et je me suis endormi.
Je ne savais pas alors — je n’étais qu’un enfant de six ans — que ce sein maternel était la première Burda qui me serait offerte en ce monde ; que tout ce que j’accomplirais au long des années ne serait peut-être qu’une manière de m’envelopper dans ce manteau pour me protéger du froid, de l’exil intérieur, des dangers du chemin et du goéland qui retourne vers la mer avec mélancolie.
Ma mère fut la lumière qui éclaira ma vie pendant soixante ans ou davantage.
Et lorsque cette lumière s’éteignit, son éclat continua de battre au fond de mon âme, pour me guider et préserver mes jours du piétinement des chevaux.
Je ne savais pas non plus, à six ans, que la douceur que ma grand-mère préparait avec de la farine et du miel portait déjà en elle le premier sens de l’amour : deux matières que l’on pétrit jusqu’à ce qu’elles deviennent une seule.
Le miel n’a plus de nom.
Le blé n’a plus de forme.
« Pourquoi as-tu laissé le cheval seul, grand-père ? » lui demandai-je.
— « Pour qu’il tienne compagnie à la maison, mon enfant. Les maisons meurent lorsque leurs habitants les quittent. »
Cette relation entre mon grand-père et son cheval, qui longtemps habita mon imagination, m’a toujours poursuivi.
Pourquoi mon père ne venait-il pas, la nuit, monter seul ce cheval et s’envoler dans les cieux de mon rêve, jusqu’à l’endroit où demeurait mon grand-père ?
C’étaient les premières questions de l’innocence. Elles se sont dissipées lorsque mon grand-père éclata en sanglots.
Je me souviens de mon père debout, les bras ballants, tandis que je m’accrochais à ses mains. Je fixais les hommes qui portaient le cercueil de ma grand-mère. Puis je courus vers sa chambre en pleurant.
J’ai grandi.
J’ai compris que ma question ne portait pas sur un cheval.
Elle portait sur l’héritage.
Qui porte la lumière ? À qui remet-on les rênes ?
Chaque grand-mère de nos villages racontait, sans le savoir, l’histoire d’un seul cavalier, celui que son Seigneur fit voyager de nuit. Son cœur ne mentit pas sur ce qu’il avait vu ; son regard ne dévia pas et ne transgressa pas.
Et chaque enfant de ces maisons de terre posait, avec les mots de la première innocence, la question à laquelle les connaisseurs consacrèrent leur vie :
Où est le chemin qui mène jusqu’à Lui ?
J’ai compris plus tard, peut-être vers l’âge de quarante ans, que le cheval et la maison ne se transmettent pas seulement par le sang, mais par l’amour.
J’ai beaucoup pleuré mon grand-père. Je me suis souvenu de ses larmes dans la cour de la maison.
C’est lui qui m’avait enseigné la première leçon de la Voie :
La séparation est une porte.
La larme est une ablution.
Celui qui pleure celui qu’il a aimé élève son âme vers la Sidrat al-Muntaha, là où le cœur voit ce qu’il voit et découvre que l’amour terrestre n’est peut-être qu’une part de notre imagination — et que, si nous ne l’avions pas trouvé sur terre, nous l’aurions inventé.
Il comprend aussi que la noblesse réside dans le pardon plutôt que dans la vengeance et la haine ; que le pardon auprès du Messager de Dieu est espéré, et que celui qui vient à lui en demandant pardon trouve son excuse accueillie.
La deuxième Burda*
Lorsque le Prophète ﷺ entra victorieux à La Mecque, le sang de Ka‘b ibn Zuhayr avait été déclaré licite en raison de ses attaques contre les musulmans.
Son frère Bujayr lui écrivit : le Messager de Dieu ne tue pas celui qui se repent ; viens donc à lui en pénitent.
Ka‘b se trouva entre deux peurs : la peur de l’épée et celle de la porte.
Il entra à Médine dissimulé.
Un ami le conduisit à la prière de l’aube auprès du Prophète ﷺ. Après la prière, son compagnon lui fit signe.
Ka‘b se leva, s’assit devant le Bien-Aimé et posa sa main dans la sienne sans savoir encore à qui il avait affaire.
Puis il récita :
« J’ai appris que le Messager de Dieu m’avait menacé,
mais le pardon auprès du Messager de Dieu est espéré.
Je suis venu auprès du Messager de Dieu repentant,
et l’excuse auprès du Messager de Dieu est accueillie.
Le Messager est une lumière dont on s’éclaire,
une épée tirée parmi les épées de Dieu. »
Le visage du Prophète ﷺ s’illumina.
Il ôta alors son manteau et le posa sur Ka‘b.
L’homme dévoila son visage.
C’était Ka‘b ibn Zuhayr.
Le Prophète lui pardonna.
Il ne lui dit pas : « Je t’ai pardonné. »
Il posa simplement sur lui sa Burda.
Car le pardon, dans la demeure de la prophétie, est un voile qui ne se prononce pas. Un vêtement qui ne s’explique pas avec des mots.
Ka‘b était arrivé dépouillé de tout, sauf d’un poème d’amour.
Il repartit couvert de la plus précieuse des choses : le pardon du Messager de Dieu.
Voilà le secours dans son essence.
Les vers de Ka‘b ne furent pas les premiers chants d’éloge adressés au Prophète. Avant lui, Hassan ibn Thabit avait célébré le Bien-Aimé avec des mots que nul poète, avant ou après lui, n’avait surpassés :
« Jamais mes yeux n’ont vu plus beau que toi,
jamais aucune femme n’a enfanté plus beau que toi.
Tu fus créé exempt de tout défaut,
comme si tu avais été créé selon ton propre désir. »
La troisième Burda
De Ka‘b ibn Zuhayr et Hassan ibn Thabit à al-Farazdaq, al-Kumayt, al-Sharif al-Radi et Mihyar al-Daylami, jusqu’à al-Busiri et Ahmad Chawqi, les Burda devinrent une tradition.
La poésie en mim devint une grâce recherchée par les plus résolus des poètes : effusion du nectar de la bouche scellée, lumière du visage illuminé, clarté qui parcourt les mondes en leur offrant la paix.
Al-Busiri tomba gravement malade, jusqu’à ne plus pouvoir marcher. Une nuit, il vit en rêve le Prophète ﷺ se pencher sur lui et le couvrir de sa Burda.
À son réveil, il était guéri.
Le même manteau qui avait été posé sur Ka‘b pour couvrir sa faute fut posé sur al-Busiri pour couvrir sa maladie.
Et il sera posé, demain encore, sur celui qui se tient à la porte et frappe, jusqu’à ce que sa prière soit entendue.
« Il est le Bien-Aimé dont l’intercession est espérée
dans toute épreuve que l’on affronte.
Il appela vers Dieu : ceux qui s’attachent à lui
s’attachent à une corde qui jamais ne se rompt.
Il surpassa les prophètes par sa beauté et son caractère ;
nul ne l’égala en savoir ni en générosité. »
L’amour s’étend ensuite à la Famille du Prophète.
Si l’amour du Messager de Dieu est une source qui ne tarit pas, l’amour des Gens de la Maison est, pour ceux qui les vénèrent, un devoir inscrit dans le Livre.
Depuis l’âge de six ans jusqu’à plus de soixante ans, et jusqu’à ce que l’âme trouve enfin le repos dans l’abandon et la révérence, je continuerai de proclamer :
« Ô Famille du Messager de Dieu, votre amour
est un devoir que Dieu a prescrit dans le Livre.
Il vous suffit, pour mesurer votre grandeur, de savoir
que celui qui ne prie pas sur vous ne connaît pas la prière accomplie. »
Et ce qu’il y a de plus étonnant dans cet amour, c’est qu’il ignore les frontières des appartenances.
Il circule dans la terre et dans l’eau.
On le retrouve chez ceux qui prennent la route, venus de toutes les directions, pour se rendre au sanctuaire de Hussein ibn Ali, le maître des martyrs.
Ceux qui arrivent des contrées lointaines chantent :
« Je te vois dans tous les miroirs,
sur une monture de lumière.
Et lorsque tu en surgis,
je demeure stupéfait : tu es plus vivant que nous.
N’es-tu pas Hussein, fils de Fatima et d’Ali ?
Pourquoi cet étonnement ?
J’ai appris de toi ma constance,
la force de mon chagrin solitaire.
Combien tu fus seul, à Karbala,
et pourtant nul ne fut plus fier que toi,
lorsque les chevaux passèrent sur ton corps. »
Au sanctuaire de Sayyida Zaynab et de Nafissa, la savante ; auprès des mausolées de Sayyid al-Badawi, al-Dusuqi, al-Qinawi et de Sidi Abou al-Hassan al-Shadhili, la femme brisée appelle la « mère des faibles ».
Le paysan simple adresse son chant à Nafissa.
Et dans la gorge des chanteurs religieux, les vers de l’imam Ali deviennent une poésie qui marche sur ses propres pieds :
« L’âme pleure sur ce monde alors qu’elle sait
que le salut réside dans le renoncement à ce qu’il contient. »
Puis le poème sublime d’al-Hallaj devient la lumière des soirées dans les villages d’amoureux :
« Par Dieu, jamais le soleil ne s’est levé ni couché
sans que ton amour ne soit mêlé à mon souffle.
Jamais je ne me suis assis avec des gens pour leur parler
sans que tu sois mon sujet parmi mes compagnons.
Jamais je ne t’ai évoqué dans la tristesse ou dans la joie
sans que tu sois dans mon cœur, au plus secret de mes pensées.
Jamais je n’ai porté l’eau à mes lèvres, assoiffé,
sans voir ton image se refléter dans la coupe. »
Voilà la demeure des amoureux.
Le Bien-Aimé se dissout dans les souffles. Il habite le cœur dans la tristesse comme dans la joie. Son reflet apparaît dans l’eau.
Le monde entier devient miroir.
Tu ne regardes plus rien sans L’y voir.
Ibn Arabi l’a résumé dans ces mots célèbres :
« Mon cœur est devenu capable d’accueillir toute forme :
pâturage pour les gazelles et monastère pour les moines. »
Une halte sur la mer
Notre visite sera brève.
Notre conversation, quelques points de suspension arrachés au passé.
« De quel blanc commence la création ? » demande le cheikh.
« Des villages des amoureux et du jardin des amants, mon maître », réponds-je.
« Et qui récite le wird, mon enfant ? »
« Moi. Mais, par excès d’amour, je me suis trompé dans la grammaire…
Mon maître, donne-moi un repentir à la mesure de mon amour. Dessine-moi un chemin d’amour que nul autre que moi ne connaisse. Ouvre devant moi, à l’horizon, un jardin dont le parfum puisse se répandre sur le monde. »
Il me dit :
« Doucement. Prends soin de toi. L’amour est puissant. Va vers ton Maître. Les commencements sont là-bas. »
Alors je pris le temps de me recueillir, puis je partis vers mon Bien-Aimé ﷺ.
J’entrai dans le Jardin du Paradis.
C’était il y a trente ans ou davantage.
J’avais trente-trois ans lorsque je l’accueillis, les yeux noyés de larmes, submergé par la force du désir.
Ici viennent les hommes et les femmes épuisés, ceux que les moulins de l’amour ont broyés. Ceux dont les jours ont été réduits en poussière par l’attente et le désir.
Ils passent la nuit éveillés sur les terrasses du monde, invoquant le Très-Haut, le Tout-Puissant.
Et leurs voix se mêlent aux larmes :
Ô Dieu, accorde-moi Ton secours…
Ô Messager de Dieu, accueille mon appel.
Je suis retourné dans cette ville dont j’avais autrefois parcouru seul les rues, la nuit, saturé d’amour.
Je me suis posé la même question :
Étais-je celui que ses rues avaient aimé, ou était-ce quelqu’un d’autre ?
Lorsque j’ai enfin connu la réponse, l’ombre du Bien-Aimé enveloppait toutes mes veines.
Je n’étais pas ce jeune homme.
C’était quelqu’un d’autre.
Car lorsque le pauvre d’amour est sincère, il ne reste plus rien de lui qui puisse lui être attribué.
Il se dissout, comme le miel se dissolvait dans la farine de blé entre les doigts de ma grand-mère.
On ne sait plus :
Est-ce du miel ou du blé ?
Celui qui parcourait seul les rues de Médine, la nuit, n’était donc pas moi.
Celui qui avait été présent lors de cette dernière nuit n’était pas moi.
Celui qui attendait le dernier adieu n’était pas moi.
L’amoureux enveloppé dans la Burda passa sur le rivage de l’amour.
Il salua rapidement.
Puis il écrivit, sur l’aile des nuages, des lettres de lui à Lui.
Il ne put partir.
Il ne put revenir.
Alors il demeura prisonnier du wird.
À Paris, sur la place de la Concorde, devant l’obélisque pharaonique et l’hôtel de Crillon, à quelques pas du palais de l’Élysée, le jeune homme se souvient du soleil d’Abib, de la cour de la vieille maison, du fleuve, du canal Ibrahimiyya, de ses compagnons.
Puis il pleure.
Cinquante-cinq ans ou davantage.
Et la distance qui sépare l’enfant de six ans courant en larmes vers la chambre de sa grand-mère du vieil homme qui, ce soir, se tient sur les quais de la Seine n’est pas une distance de temps.
C’est une Burda*
La même qui fut déposée sur Ka‘b ibn Zuhayr pour le couvrir.
Sur al-Busiri pour le guérir.
Sur un enfant de six ans, dans les bras de sa mère, il y a cinquante-cinq ans, pour l’apaiser.
Alors, du plus profond de son être, dans les rues des villes oubliées, sur les ponts du voyage et au milieu des vagues de l’attente, il continue de murmurer :
Ô Dieu, accorde-moi Ton secours…
Ô Messager de Dieu, accueille mon appel.
Paris. 17 heures, heure du Caire.
(*Burda : une couverture ou une cape en arable)