Accueil recherche MENU

Hors Protocole

L’ambassadrice de Colombie : « L’Égypte porte l’un des plus grands héritages éthiques de l’humanité »

Le Dialogue

Pour Luz Elena Martínez Casab, ambassadrice de Colombie en Égypte, le pays qu’elle représente aujourd’hui partage avec l’Égypte une même richesse humaine : le sens de l’hospitalité, la chaleur des relations humaines et l’attachement aux valeurs de solidarité.

Dans un entretien accordé au magazine Le Dialogue, la diplomate colombienne a évoqué son expérience en Égypte, sa vision de la civilisation égyptienne, les liens entre Le Caire et Bogotá, ainsi que les moments qui ont marqué son séjour depuis son arrivée.

À la question de savoir ce que lui inspire le nom de l’Égypte, l’ambassadrice répond sans hésitation : « L’Égypte représente l’une des plus grandes et des plus importantes références éthiques dans l’histoire de l’humanité. »

Elle explique que la civilisation égyptienne antique n’a pas seulement laissé des monuments exceptionnels, mais également un héritage de valeurs humaines toujours actuel. Elle cite notamment une ancienne maxime égyptienne : « Nourris celui qui a faim, donne à boire à celui qui a soif, habille celui qui est démuni et offre le bateau au voyageur. » Pour elle, ces principes constituent un message universel de solidarité et d’humanité, particulièrement important dans le contexte international actuel.

Mais au-delà de l’histoire et du patrimoine, c’est le peuple égyptien qui a le plus marqué la diplomate colombienne. « La chaleur avec laquelle j’ai été accueillie, la manière dont les Égyptiens traitent les étrangers, leur ouverture, leur gentillesse et leur générosité ont été quelque chose d’exceptionnel », affirme-t-elle.

L’ambassadrice souligne également la proximité culturelle et humaine entre les deux peuples. « Je n’ai jamais eu le sentiment d’être étrangère ici. J’ai eu l’impression d’être entourée de voisins, presque comme dans une famille. Je ne ressens pas de différence entre les Égyptiens et les Colombiens : nous partageons beaucoup de valeurs, notamment la générosité et la joie de vivre », explique-t-elle.

Parmi les souvenirs les plus forts de son séjour, elle cite sa visite des pyramides de Gizeh et sa participation à l’inauguration du Grand Musée Égyptien, qu’elle décrit comme « un événement extraordinaire et une expérience inoubliable ». Selon elle, ce musée offre une nouvelle manière de découvrir la grandeur de la civilisation égyptienne.

Elle confie toutefois avoir une affection particulière pour Alexandrie, une ville qu’elle considère comme « magique ». « Voir la mer Méditerranée, les jardins, les fleurs et cette beauté naturelle est une expérience que je n’oublierai jamais », dit-elle.

La diplomate raconte également son attachement à certaines expressions arabes qu’elle utilise désormais dans sa vie quotidienne, notamment « Sabah el kheir » (bonjour) et « Choukran » (merci). Mais le mot qu’elle préfère reste « Habibi », qu’elle considère comme une expression portant une grande chaleur humaine et une proximité émotionnelle.

Évoquant les relations entre l’Égypte et la Colombie, Luz Elena Martínez Casab les résume en deux mots : « amitié et fraternité ». Elle estime que les deux pays disposent d’un potentiel important pour renforcer leur coopération dans plusieurs domaines, notamment le tourisme, les échanges commerciaux, l’industrie agroalimentaire et le secteur pharmaceutique.

Elle appelle également les Égyptiens à découvrir la Colombie, un pays qu’elle décrit comme « le pays de la beauté », reprenant une expression utilisée par le président colombien Gustavo Petro. Elle rappelle que la Colombie possède une diversité naturelle exceptionnelle, avec ses forêts tropicales, ses montagnes, ses fleuves, ses côtes, ses déserts et une biodiversité parmi les plus riches au monde.

Selon elle, les visiteurs égyptiens retrouveront en Colombie une population proche d’eux par son sens de l’accueil et sa générosité. Elle souligne aussi l’importance de faire connaître l’expérience colombienne dans les domaines de la paix, de la justice sociale, du développement agricole et de l’autonomisation des femmes.

En conclusion, l’ambassadrice révèle une autre facette de sa personnalité : l’écriture. Elle affirme que, si elle n’avait pas choisi la diplomatie, elle aurait aimé devenir écrivaine. « Je reste ce que je suis… une écrivaine », confie-t-elle, expliquant que sa carrière diplomatique lui a offert des expériences humaines et culturelles qui nourrissent encore son parcours littéraire.