Chapeau bas pour L'Hôpital des Gardiens de la Paix :*le petit hôpital qui soigne comme une grande famille*
Parfois on dit du mal des hôpitaux en France. Moi, je veux dire du bien. Du très bien.
On m'avait parlé d'un petit hôpital dans le 13e arrondissement. J'y suis entré comme patient pour une rééducation de la hanche, cette hanche qui m'a fait souffrir quatre années durant. Quatre ans de douleurs permanentes, quatre ans à boiter, jusqu'à devoir emprunter, ces derniers temps, la canne de mon père pour pouvoir marcher. J'en suis ressorti sans douleur, sans boiterie, et surtout avec une leçon sur ce que devrait être l'hôpital, non seulement en Égypte mais aussi en France.
Au 35 boulevard Saint-Marcel, à deux pas de la Pitié-Salpêtrière, pas de hall en verre, pas de couloirs interminables. Seulement 55 lits, moins de 50 salariés, un bâtiment fondé en 1900 et reconnu d'utilité publique depuis 1928. C'est l'Hôpital des Gardiens de la Paix.
Au premier jour, je me suis demandé : que fais-je ici, moi qui ne suis pas policier ?
J'ai très vite compris. Oui, cet hôpital a été créé pour les gardiens de la paix. Oui, il reste lié à la Préfecture de Police, qui y abrite ses services de prévention pour les policiers en difficulté : addictions, soutien psychologique. Mais il est ouvert à tous. Et c'est une chance pour tous.
C'est un hôpital à deux visages : d'un côté, un centre de rééducation doté d'un véritable plateau technique, d'une balnéothérapie, d'une piscine, d'une hospitalisation complète et de jour ; de l'autre, une maison d'accueil pour la grande famille de la Police. Sa situation, à côté de la Pitié-Salpêtrière et face à la Clinique du Sport, lui permet d'accueillir des patients tout juste opérés, pour vingt jours, un mois, parfois davantage.
_Ici, on n'est pas un numéro. On est un prénom.

Jean- Louis Cailleux, directeur de l'hôpital
Le secret ? La taille humaine. Dans les grands hôpitaux, les équipes tournent par dizaines. Ici, c'est la même petite équipe qui vous accompagne chaque jour. La proximité est quotidienne. On vous connaît. On vous appelle par votre prénom.
Et tout cela, c'est grâce à un grand directeur : _M. Jean-Louis Cailleux._
Ce n'est pas un directeur retranché dans son bureau. C'est un chef, un entraîneur, un homme de terrain. Discret, efficace, profondément humain. Il a su imposer une vision : l'exigence de la qualité, la rigueur du résultat, mais toujours avec humanité. Il connaît ses équipes, il connaît ses patients. Grâce à lui, cet hôpital a été certifié l'an dernier par la Haute Autorité de Santé pour la qualité de ses soins. Grâce à lui, on sent que tout le monde tire dans le même sens : la satisfaction du patient.
Et quelle équipe il a su fédérer !
_Les médecins :_ compétents, efficaces, notamment Docteur SANSON Donata la Spécialiste en médecine physique et de réadaptation

Docteur Donata SANSON, spécialiste en médecine physique et de réadaptation
et dr.Bel Abass, présents, attentifs, à l'écoute. Elles expliquent, rassurent et accompagnent.
_Les kinésithérapeutes et les ergothérapeutes :_ le cœur et l'âme de la maison. Le socle du métier. Très professionnels, très exigeants, mais humains. Avec un plateau technique complet, la balnéo, la piscine et sa rampe d'accès. J'ai vu des patients arriver en fauteuil roulant et repartir debout. Je tiens à rendre hommage à toute l'équipe, notamment _Soleine, Jolie, Anna, Eléo, Batiste, et l'excellent ergothérapeute Fernando l'espagnol._
_Les infirmières, notamment Josiane et Sophie, et les aides-soignants :_ les anges gardiens du quotidien. Actives comme des abeilles, disponibles jour et nuit, souriantes, infatigables malgré leurs efforts.


_Les secrétaires et le personnel administratif :_ souvent oubliées, elles sont pourtant le premier sourire que l'on voit en arrivant. Accueillantes, efficaces et rapides.
_La restauration :_ il faut en parler ! Au départ, je pensais que j'allais maigrir à l'hôpital, comme dans tous les hôpitaux. Au contraire, j'ai même pris du poids. J'ai été surpris par la qualité des repas délicieux préparés sur place par le grand chef marocain _Saïd et ses collègues._ Quand on reste trois semaines hospitalisé, cela change tout. C'est aussi cela, le respect du patient.
Cet hôpital qui a 126 ans d'existence reste fragile. Il vit avec la tarification à l'activité. S'il manque un médecin, un kiné, l'activité chute et le financement avec. Et l'on sait qu'en France aujourd'hui, trouver des soignants est un combat. C'est absurde : un petit hôpital aimé par ses patients doit se battre chaque année pour survivre face aux usines à soins. Il est soutenu par sa Fondation reconnue d'utilité publique, qui a besoin de dons pour continuer. Elle est ouverte à tous ceux qui veulent aider.
Je ne suis ni gardien de la paix, ni parisien d'origine. J'étais juste un patient qui est passé par là. Et je peux dire une chose : si tous les hôpitaux étaient comme celui-ci, la France serait la première destination pour les soins, on aurait même moins peur d'être malade.
C'est la preuve qu'on peut soigner autrement.
_Merci à M. Cailleux. Merci à toute son merveilleuse équipe. Merci au ministère de la Santé de compter à Paris un si merveilleux établissement de soins. Un exemple pour l'hôpital français._