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Monde

Sénégal : Macky Sall marque l’histoire en ne briguant pas de troisième mandat

Photo : Ludovic MARIN
Photo : Ludovic MARIN / AFP

Le président sénégalais Macky Sall a annoncé lundi son intention de ne pas briguer de 3e mandat. Une décision qui vient apaiser les tensions dans un pays qui a connu des émeutes meurtrières début juin.

 

C’est une annonce que la population sénégalaise et les décideurs politiques internationaux attendaient. Après plusieurs mois de suspens, le président sénégalais, Macky Sall, a tranché le 3 juillet dernier. Il ne briguera pas de 3e mandat. Une décision salutaire démontrant le sens des responsabilités du chef de l’État dans un climat de fortes tensions politiques.

 

Une présidentielle cruciale pour le pays

« Mes chers compatriotes, ma décision, longuement et mûrement réfléchie, est de ne pas être candidat à la prochaine élection du 25 février 2024 » a-t-il annoncé simplement lundi à la télévision nationale. Alors que Macky Sall entretenait le flou sur un éventuel 3ᵉ mandat, des émeutes ont éclaté dans le pays. Son principal opposant, Ousmane Sonko avait appelé à manifester contre lui pour l’empêcher de se présenter.

En 2012, Macky Sall est élu président de la République pour un mandat de 7 ans. En 2016, il fait réviser la Constitution sénégalaise en reprenant l’article 6 de la Constitution de la Ve République française : « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». La durée du mandat est fixée à 5 ans. La question est donc de savoir quand commencent les nouveaux mandats légaux. La justice tranche en faveur du président : la révision constitutionnelle remet les « compteurs à zéro ». Réélu en 2019, Macky Sall peut donc se présenter légitimement à un 3ᵉ mandat.

Depuis, le climat est explosif au Sénégal. Le 1er juin dernier, l’opposant populiste pro-russe et islamiste Ousmane Sonko, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2019 a été condamné à deux ans de prison ferme pour corruption de la jeunesse, le rendant inéligible. Dans le sillage de cette affaire judiciaire, ses soutiens sont descendus dans la rue. Les troubles qui s’en suivent font 23 morts dans le pays selon les autorités.

 

Un geste d’apaisement

Face aux violences de la rue, la décision prise par Macky Sall apparaît comme un signe d’apaisement de sa part. « Je savais que cette décision surprendrait » a-t-il déclaré. Mieux encore, ce renoncement à ce 3e mandat participe à cette volonté d’enracinement de la démocratie sénégalaise. Une décision qui surprend mais qui démontre que la sagesse l’emporte dans un pays souvent perçu comme un baromètre démocratique en Afrique. A titre d’exemple, ses voisins maliens et guinéens sont aux mains de juntes militaires et contribuent à l’instabilité de la région.