Le Dialogue

L’ambassadeur de Singapour raconte son expérience en Égypte

Le Dialogue

Après plus de six années passées au Caire, Dominic Goh, ambassadeur de Singapour en Égypte, décrit son expérience dans le pays comme une aventure humaine et culturelle profondément marquante. Entre patrimoine millénaire, diversité des paysages et chaleur de l’accueil égyptien, il estime avoir découvert une Égypte bien plus vaste que l’image traditionnellement associée aux pyramides et aux monuments antiques.

« L’Égypte n’est pas seulement un pays où j’exerce mes fonctions diplomatiques. C’est un pays où je me sens chez moi, où j’ai appris à apprécier le quotidien et à découvrir une société riche par son histoire et ses traditions », a-t-il déclaré.

L’ambassadeur explique que ses années de résidence lui ont permis d’aller au-delà des clichés touristiques et de comprendre davantage la culture égyptienne, la personnalité de ses habitants ainsi que la diversité des régions du pays.

« Je vis en Égypte depuis environ six ans et demi. C’est une longue période, mais elle passe vite, car c’est un pays magnifique et je profite pleinement de mon séjour », a-t-il ajouté.

Selon Dominic Goh, l’un des grands atouts de l’Égypte réside dans la richesse de son patrimoine historique.

« L’histoire égyptienne, les pyramides, le Grand Musée égyptien et les différents musées sont extraordinaires », a-t-il souligné, estimant que peu de pays au monde possèdent un héritage culturel aussi ancien et aussi diversifié.

Mais pour l’ambassadeur, l’Égypte ne se résume pas au Caire. Il cite notamment Louxor, Assouan, Alexandrie, Fayoum et Siwa parmi les destinations qui offrent des expériences uniques mêlant histoire, nature et culture locale.

 

« Les Égyptiens ont un véritable sens de l’hospitalité »

Au-delà des monuments, Dominic Goh insiste sur ce qui l’a le plus marqué au quotidien : les Égyptiens eux-mêmes.

« Ce que j’apprécie particulièrement chez les Égyptiens, c’est leur gentillesse et leur capacité à faire sentir les visiteurs accueillis », a-t-il déclaré, mettant en avant leur ouverture et leur générosité dans les relations humaines.

L’ambassadeur confie également avoir adopté certaines habitudes locales, notamment le rituel du thé et du café, devenus partie intégrante de son quotidien au Caire.

Il évoque aussi son attachement à la gastronomie égyptienne, notamment le foul (fèves cuisinées) et la taameya (le falafel à l’égyptienne), qu’il apprécie particulièrement au petit-déjeuner.

« Je ne peux pas résister au foul et à la taameya, surtout lorsqu’ils sont servis avec des œufs et de la basturma. C’est un petit-déjeuner délicieux », a-t-il déclaré.

 

Saqqarah, un lieu qui raconte la grandeur de l’Égypte ancienne

Parmi les nombreux sites visités en Égypte, un lieu occupe une place particulière dans ses souvenirs : la pyramide à degrés de Saqqarah.

L’ambassadeur explique que ce site représente pour lui un symbole majeur du génie architectural de l’Égypte ancienne.

« Être devant ces monuments permet de ressentir une connexion avec une histoire qui s’étend sur des milliers d’années. C’est une expérience totalement différente de ce que l’on peut découvrir dans les livres ou les images », a-t-il indiqué.

 

Quelques mots d’arabe et une passion pour Mohamed Salah

Avec le temps, Dominic Goh a également appris plusieurs expressions égyptiennes courantes, comme « Assalam Alaykom », « Ezayak », « Kollo tamam » et « Meyya Meyya », considérant que la langue est un véritable pont entre les cultures.

Interrogé sur le football égyptien, il cite Mohamed Salah comme son joueur préféré.

Selon lui, la popularité de la star de Liverpool dépasse largement les frontières égyptiennes, notamment à Singapour où le club anglais bénéficie d’une importante communauté de supporters.

« Mohamed Salah est connu partout dans le monde, et son parcours contribue aussi à renforcer la visibilité de l’Égypte à l’international », a-t-il déclaré.

Dans le domaine culturel, l’ambassadeur a également exprimé son admiration pour deux grandes figures de la musique égyptienne : Oum Kalthoum et Amr Diab, qu’il écoute avec plaisir.

 

Des relations égypto-singapouriennes tournées vers l’avenir

Évoquant les relations entre l’Égypte et Singapour, Dominic Goh les décrit comme « excellentes », fondées sur l’amitié, le respect mutuel et une coopération appelée à se renforcer.

Il rappelle que l’année 2026 marque le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, une occasion qui sera célébrée par plusieurs initiatives visant à rapprocher davantage les deux peuples.

Pour l’ambassadeur, les relations internationales ne reposent pas uniquement sur les accords gouvernementaux, mais également sur les échanges humains, culturels et touristiques.

 

Singapour : patrimoine, nature et gastronomie

Aux Égyptiens souhaitant découvrir Singapour, Dominic Goh recommande en premier lieu les Jardins botaniques de Singapour, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Il explique que ce site, fondé au XIXe siècle, est bien plus qu’un simple espace vert : il représente un lieu historique lié à la recherche scientifique et à la préservation de la biodiversité tropicale.

L’ambassadeur invite également les visiteurs à découvrir la culture gastronomique singapourienne, notamment la cuisine de rue, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

« La cuisine de rue à Singapour reflète notre diversité culturelle. Elle offre une grande variété de plats accessibles à tous les visiteurs », a-t-il expliqué.

Il souhaite également changer l’image parfois répandue selon laquelle Singapour serait uniquement une destination très coûteuse.

Selon lui, le pays propose de nombreuses options adaptées à différents budgets, que ce soit en matière d’hébergement, de restauration ou d’activités touristiques.

 

Un rêve d’enfant : devenir médecin

À la fin de l’entretien, Dominic Goh a révélé qu’avant de choisir la diplomatie, son rêve d’enfant était de devenir médecin.

« Quand j’étais petit, je voulais être médecin. Mais je n’ai pas obtenu les résultats nécessaires pour suivre cette voie », a-t-il confié avec le sourire.

Aujourd’hui diplomate, il affirme garder une grande satisfaction de son parcours et de son expérience en Égypte, un pays qui, selon lui, restera associé à des souvenirs humains et culturels inoubliables.