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Hors Protocole

Mohamed Salah, Amitabh Bachchan et le goût du foul : les confidences de l'ambassadeur de l'Inde

Le Dialogue

Pour Suresh K. Reddy, ambassadeur de l’Inde au Caire, l’Égypte est bien plus qu’un poste diplomatique. Au fil des années, le diplomate est tombé sous le charme du pays, de ses habitants, de sa cuisine… et même de son dialecte. Dans un entretien accordé au Dialogue, il évoque son attachement à « Oum El Dounia », son admiration pour Mohamed Salah, le rôle d’Amitabh Bachchan dans le rapprochement entre l’Inde et l’Égypte, ainsi que la profondeur des liens qui unissent aujourd’hui New Delhi et Le Caire.

À l’évocation de l’Égypte, un seul mot lui vient spontanément à l’esprit : « Oum El Dounia », « la Mère du monde ».

« Nous parlons d’une civilisation vieille de plus de cinq mille ans. L’Égypte est l’une des plus grandes civilisations de l’histoire et inspire un immense respect », confie-t-il.

Mais au-delà des monuments et de l’histoire, ce sont les Égyptiens qui l’ont le plus marqué.

« Ils sont chaleureux, généreux et accueillants. Ils savent mettre les étrangers à l’aise et leur donner le sentiment d’être chez eux. Cette hospitalité est sincère et vient du cœur. »

Au cours de ses déplacements à travers le pays, de Béni Suef au Fayoum, en passant par Assiout, Guizeh, Louxor et Assouan, un lieu a conquis son cœur : Louxor.

« C’est un endroit exceptionnel où l’histoire et la civilisation prennent véritablement vie. »

Le foul, le koshary… et quelques mots d’arabe

À force de vivre en Égypte, Suresh K. Reddy a aussi adopté les saveurs locales. Le foul, la taameya, le koshary, les grillades et le hawawshi figurent désormais parmi ses plats favoris.

Son immersion va même plus loin. Le diplomate ponctue désormais son quotidien d’expressions égyptiennes comme « Sabah El Fol », « Ezzayak ? » ou encore « Eshta Ya Habiby », devenues presque naturelles.

Amitabh Bachchan et Mohamed Salah, deux icônes qui rapprochent les peuples

Interrogé sur la popularité du cinéma indien en Égypte, l’ambassadeur ne cache pas son admiration pour Amitabh Bachchan.

« C’est une véritable légende. Il est admiré en Inde, en Égypte et dans de nombreux autres pays. Son influence a contribué à rapprocher nos deux industries cinématographiques. »

Passionné de football, il cite sans hésiter Mohamed Salah comme son joueur égyptien préféré.

« C’est un champion, un modèle. Tout le monde le connaît », souligne-t-il, rappelant avec le sourire que la star de Liverpool pratique également le yoga, discipline emblématique de l’Inde.

Une relation stratégique qui ne cesse de se renforcer

Au-delà des confidences personnelles, Suresh K. Reddy revient sur la solidité du partenariat entre New Delhi et Le Caire.

Présent en Égypte il y a près de trente-cinq ans, il dit avoir été le témoin privilégié du rapprochement entre les deux pays. Aujourd’hui, cette coopération s’étend aux domaines politique, économique et industriel.

Plus de 70 entreprises indiennes sont implantées en Égypte. Elles représentent plus de 5 milliards de dollars d’investissements et ont contribué à la création d’environ 45 000 emplois.

Pour le diplomate, l’Égypte demeure l’un des partenaires les plus importants de l’Inde, notamment en raison de son rôle au sein du Sud global.

« L’Inde est un continent de cultures »

À l’attention des lecteurs francophones, l’ambassadeur invite à découvrir une Inde loin des clichés.

Au-delà du Taj Mahal et de Bollywood, il recommande de visiter Old Delhi, Lucknow et Hyderabad, des villes qui témoignent de la richesse du patrimoine islamique indien, de la diversité culturelle du pays et de l’excellence de sa gastronomie.

« L’Inde n’est pas une seule civilisation. C’est un véritable continent de cultures, de traditions et de patrimoines. Pour la comprendre, il faut prendre le temps de la découvrir. »

Avant de conclure, Suresh K. Reddy livre une dernière confidence. S’il n’était pas devenu diplomate, il se serait volontiers tourné vers le monde de la publicité, une passion qui l’accompagne depuis son enfance.