Le Dialogue

Égypte–Union européenne : Angelina Eichhorst souligne un partenariat stratégique et partage son attachement personnel au Caire

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Au-delà des relations diplomatiques qu’elle entretient avec l’Égypte, l’ambassadrice de l’Union européenne, Angelina Eichhorst, nourrit un lien profondément personnel avec le pays. Dans un entretien exclusif, elle revient sur son parcours en Égypte, ses souvenirs les plus marquants et sa vision de l’avenir du partenariat entre Le Caire et Bruxelles, tout en évoquant l’histoire d’amour qui a commencé dans la capitale égyptienne il y a plus de trois décennies.

Interrogée sur la première image qui lui vient à l’esprit lorsqu’elle pense à l’Égypte, l’ambassadrice répond sans hésiter : « Une civilisation, le soleil et une histoire millénaire. » Pour elle, l’Égypte occupe une place singulière sur la scène internationale grâce à son patrimoine exceptionnel, mais aussi à la richesse de sa culture et à l’hospitalité de son peuple.

Elle se souvient que, lors de son arrivée au Caire, la circulation dense avait été sa première surprise. Très vite cependant, cette impression a laissé place à une autre découverte : la capacité des Égyptiens à faire fonctionner une métropole de plus de vingt millions d’habitants avec une remarquable résilience. Elle souligne également le contraste entre l’effervescence de la capitale et le calme des campagnes, estimant que cette diversité fait partie du charme du pays.

Au fil des années, Angelina Eichhorst a parcouru de nombreuses régions d’Égypte. Son premier voyage hors du Caire l’a conduite dans le Sinaï Sud, dont les paysages, où les montagnes rencontrent la mer Rouge, demeurent parmi ses plus beaux souvenirs. Elle cite également Alexandrie et Assouan parmi les destinations qui l’ont particulièrement marquée, évoquant avec admiration la Méditerranée, le Nil et la diversité géographique de l’Égypte.

La diplomate confie aussi avoir développé un véritable attachement à la cuisine égyptienne. Parmi ses plats favoris figurent le mahshi, la molokhia et le koshary, qu’elle considère comme des symboles de la convivialité et de la tradition culinaire égyptiennes.

Au-delà de la gastronomie, c’est surtout la chaleur des relations humaines qui l’a marquée. Elle explique apprécier les nombreuses expressions de bienvenue utilisées en arabe égyptien, ainsi que l’humour omniprésent qui caractérise les échanges quotidiens. Selon elle, cette spontanéité contribue à créer une atmosphère unique et restera l’un de ses plus précieux souvenirs de l’Égypte.

Lorsqu’on lui demande quelle qualité résume le mieux les Égyptiens, Angelina Eichhorst évoque l’esprit de solidarité qui les caractérise. Elle souligne que les Égyptiens sont toujours prêts à aider les autres et que cette générosité constitue, à ses yeux, l’une des principales forces de la société égyptienne.

L’entretien prend ensuite une dimension plus personnelle lorsque l’ambassadrice révèle que c’est au Caire, dans le quartier de Zamalek, qu’elle a rencontré son futur mari il y a trente-six ans. Invités tous deux chez des amis communs, ils se sont rencontrés par hasard, une rencontre qui s’est transformée en une histoire de vie. Ce souvenir explique, selon elle, pourquoi son attachement à l’Égypte dépasse largement le cadre de ses fonctions diplomatiques.

Abordant les relations entre l’Égypte et l’Union européenne, Mme Eichhorst rappelle que celles-ci reposent sur un partenariat stratégique global. L’Union européenne demeure aujourd’hui le premier partenaire commercial et investisseur de l’Égypte, tandis que la coopération s’étend également au dialogue politique, à la sécurité régionale, à la lutte contre les migrations irrégulières, à l’éducation, à la santé, à la recherche scientifique, à la gestion des ressources en eau ainsi qu’à la transition énergétique.

Selon elle, les prochaines années devront être marquées par un approfondissement de cette coopération, notamment dans les domaines du commerce, de l’investissement, du numérique, du transfert de technologies et des énergies renouvelables. Elle souligne que ces secteurs offrent un potentiel considérable, tant pour l’économie égyptienne que pour les entreprises européennes désireuses d’investir sur un marché en pleine évolution.

L’ambassadrice rappelle enfin que l’Union européenne, composée de 27 États membres, reste le premier partenaire économique de l’Égypte, avec des échanges commerciaux atteignant environ 32 milliards d’euros par an. Pour elle, ces chiffres illustrent la solidité d’un partenariat fondé sur des intérêts communs, une confiance mutuelle et une volonté partagée de relever ensemble les défis de demain.

En conclusion, Angelina Eichhorst dévoile un aspect plus intime de son parcours. Avant d’embrasser une carrière diplomatique, elle rêvait de devenir médecin généraliste afin d’accompagner les familles au quotidien. Un rêve qu’elle confie n’avoir jamais totalement abandonné, même si la diplomatie lui a finalement permis de servir les citoyens d’une autre manière.