Le « djihad soft » au cœur de la République : comment les Frères musulmans ont transformé les prétoires, les médias et l’espace numérique en armes d’influence
Si les outils « traditionnels » des Frères musulmans en France sont bien connus — mosquées, associations, écoles, financements — le plus dangereux, comme le souligne ce rapport, est le passage de l’organisation à une phase plus avancée et plus risquée : celle de la guerre indirecte au sein de l’espace public français, à l’aide d’outils nouveaux, ne nécessitant ni bombe ni arme, mais capables de neutraliser les adversaires de l’organisation et de désagréger l’immunité de la société.
Le rapport désigne cette phase sous un intitulé central :
Les nouveaux champs du djihad : les tribunaux, l’espace numérique et les plateformes médiatiques.
Il s’agit ici d’une version contemporaine du « djihad », non fondée sur la violence directe, mais sur la fabrication de la peur, l’imposition de nouveaux tabous dans le débat public, et la transformation de toute résistance au discours fondamentaliste en « faute morale », voire en crime de « racisme ».
1) De la guerre des mosquées à la guerre de la représentation : de la rue à l’opinion publique
Le rapport explique que l’infiltration de la société française par les Frères musulmans repose sur ce qu’il appelle : la guerre des concepts, ou la « guérilla discursive ».
Dans cette guerre, l’organisation ne se présente pas comme un projet fondamentaliste cherchant à dominer, mais comme une victime ayant besoin de protection, s’érigeant en représentant légitime des musulmans en France.
L’objectif final est double :
• Présenter l’islam fondamentaliste comme une victime.
• Utiliser les valeurs mêmes de la République pour justifier ce discours : lutte contre le racisme, droits de l’homme, libertés, égalité.
Cette équation est la clé de tout :
les Frères musulmans transforment le débat politique et sécuritaire en procès moral intenté à leurs adversaires.
2) « Islamophobie » : le mot-bombe qui paralyse le débat
Le rapport insiste sur le fait que le terme « hostilité envers l’islam / islamophobie » constitue l’un des outils les plus dangereux des Frères musulmans en France, car il remplit une fonction unique : neutraliser toute critique.
Selon le rapport, le résultat est le suivant :
• Toute critique de l’islam politique est présentée comme une hostilité envers les musulmans.
• Toute confrontation avec le fondamentalisme est assimilée à du racisme.
• Tout attachement à la laïcité est qualifié d’oppression des minorités.
• Toute tentative de régulation des symboles ou des comportements est décrite comme une persécution.
Par ce procédé, l’État français passe du statut d’État de droit à celui de « rival politique », constamment placé en position défensive.
Plus grave encore, ce terme se diffuse aisément, car il est émotionnel, flatte la conscience morale collective, convoque l’histoire du racisme et du colonialisme, et crée des alliances automatiques avec certains courants de gauche et organisations de défense des droits.
3) Les organisations de défense des droits comme façade : les Frères musulmans en coulisses
Le rapport observe comment l’organisation a utilisé des structures se présentant comme « civiles », mais faisant en réalité partie d’un réseau d’influence.
Il cite comme exemple direct :
le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), considéré comme le « centre névralgique » de la bataille sur les réseaux sociaux.
L’enjeu n’est pas que l’organisation revendique explicitement son affiliation aux Frères musulmans, mais qu’elle remplisse une fonction stratégique : créer un climat général dans lequel les Frères musulmans deviennent la porte d’entrée obligée pour parler au nom des musulmans.
Dans ce contexte, l’opinion publique française se retrouve face à un piège majeur : distinguer entre un musulman vivant sa citoyenneté de manière ordinaire et un projet politique visant à modifier les règles du jeu.
4) Le djihad dans l’espace numérique : une « police d’Internet » au lieu de la police de rue
Dans cette nouvelle phase, les Frères musulmans n’ont plus besoin de contrôler la rue : Internet s’en charge.
Selon le rapport, ce djihad numérique repose sur :
• La surveillance des discours opposés.
• Des campagnes de diffamation coordonnées.
• La mobilisation des abonnés pour faire pression.
• La présentation de l’adversaire comme raciste ou hostile à l’islam.
• La tentative de faire suspendre des comptes et fermer des pages.
L’objectif n’est pas de répondre par l’argumentation, mais d’exclure l’adversaire de l’espace du débat.
Il s’agit donc d’un glissement qualitatif : d’une guerre des idées vers une guerre du silence imposé.
Le rapport souligne que cette stratégie devient efficace lorsqu’elle exploite les failles des plateformes :
signalements massifs, règles floues, hypersensibilité au discours de haine, etc.
5) Le djihad judiciaire : les tribunaux comme outil d’intimidation
Le rapport introduit un concept particulièrement préoccupant :
le djihad dans les prétoires.
Il s’agit, tout simplement, d’utiliser la justice non seulement pour obtenir un jugement, mais pour :
Épuiser financièrement l’adversaire.
Salir sa réputation médiatique.
L’intimider.
Le pousser au silence ou au retrait.
Autrement dit :
même lorsqu’ils perdent une affaire, les Frères musulmans gagnent la bataille.
Le rapport précise que l’objectif final de cette arme est de paralyser :
La presse.
L’université.
Les médias.
L’action politique.
Les centres de recherche.
Car toute voix critique devient alors menacée par une accusation prête à l’emploi :
racisme / injure / incitation / islamophobie.
6) Les médias sous pression
Le rapport indique que les organisations proches des Frères musulmans ont très tôt œuvré à qualifier les critiques de l’islam de racistes, allant jusqu’au recours systématique aux tribunaux.
La stratégie apparaît clairement : il ne s’agit pas seulement de défendre des « sentiments religieux », mais de faire entrer la société française dans une zone interdite :
Ne critique pas.
Ne te moque pas.
Ne débat pas.
Ne questionne pas.
Et ne distingue pas entre la religion et le projet politique.
L’objectif est donc d’instaurer en France de nouvelles frontières du dicible, qui enferment la pensée libre sous couvert de morale.
7) Pourquoi cette phase est-elle plus dangereuse que le financement ou les mosquées ?
Parce que les financements et les lieux de culte peuvent être surveillés :
Lois existantes.
Contrôle financier.
Rapports administratifs.
Mesures sécuritaires.
En revanche, la guerre judiciaire, médiatique et numérique est bien plus complexe, car elle opère dans des zones grises :
Liberté d’expression.
Droit au recours judiciaire.
Droits des minorités.
Protection des groupes vulnérables.
Lutte contre le racisme.
C’est là que se produit la grande paradoxale mise en lumière par le rapport :
les Frères musulmans utilisent les valeurs mêmes de la République pour en vider l’esprit.
Résultat du « djihad soft » : une société qui a peur de nommer les choses
La conclusion du rapport est que la société française pourrait sombrer dans une forme de paralysie progressive :
Le responsable politique craint de débattre.
Le journaliste craint d’enquêter.
Le chercheur craint d’écrire.
Le citoyen craint de poser des questions.
Ainsi, l’espace public est vidé de sa capacité de résistance intellectuelle, sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré.
C’est précisément cela que signifie l’infiltration profonde :
quand l’État demeure fort par les armes, mais faible dans le débat public et la confrontation intellectuelle avec l’islamisme frériste.
Le plus dangereux n’est pas seulement la croissance numérique de l’organisation, mais sa tentative d’imposer de nouvelles règles de parole, faisant passer sa contestation pour un crime.
Paris – 17heures, heure du Caire.
Editos
Démantèlement de l’organisation des Frères musulmans : La décision française, début d’une nouvelle phase européenne (9)